Cérémonies de la Libération de la commune - 27 juin 2020
le 27 juin 2020, nous avons célébré les commémorations de la libération de la commune,
le discours ci-dessous a été lu par Madame le Maire :
Le 7 juin 1944, les soldats du Regina Rifles Regiment (commandé par le lieutenant-colonel F. M. Matheson), appartenant à la 7e brigade de la 3e division d’infanterie canadienne, s’emparent de Norrey-en-Bessin sans combattre. A Norrey, le quartier de l’église, pillonné par l’artillerie allemande installée au Mesnil-Patry est très touché. L’église elle-même est gravement endommagée. C’est le 9 juin à 11h30 que sonneront les cloches pour la dernière fois en tombant au sol.
Peu de temps auparavant, un drame épouvantable s’était déroulé à quelques centaines de mètres de là. Une partie de la population s’était réfugiée dans une ferme à la sortie Est du village. Des Allemands cachés ayant cru reconnaître des voix canadiennes lancèrent des grenades dans l’enceinte de la ferme tuant 23 personnes et en blessant 17 autres. Les accrochages entre Canadiens et Allemands se succédèrent les jours suivants. Les Canadiens conservent leur position défensive dans le secteur de Norrey-en-Bessin jusqu’au lancement de l’opération Epsom le 26 juin 1944.
Aujourd’hui, 1 623 soldats britanniques, 556 Allemands, 3 Canadiens et 1 Australien reposent au cimetière militaire de Saint-Manvieu-Norrey.
Aujourd’hui, 76 ans plus tard, les rangs des combattants de la Seconde Guerre Mondiale s’éclaircissent.
Notre devoir est d’entretenir le souvenir de ce passé douloureux pour que jamais il ne se reproduise.
Notre devoir est d’appeler les jeunes générations à la vigilance comme le faisait déjà Zola en 1897 lorqu’il disait à la jeunesse : « Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la Liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendante, si tu peux aller et venir à ton gré, dire dans la presse ce que tu penses, avoir une opinion et l'exprimer publiquement, c'est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang. »
En rendant hommage au sacrifice de nos aînés, nous œuvrons simplement pour préserver et transmettre cet héritage. La crise sanitaire que nous traversons est lourde de menaces. L’ennemi est aujourd’hui invisible et la crise économique qui va suivre risque de mettre à mal
ce que nous avons mis 76 ans à construire.
Victor Hugo, rappelant son attachement aux grandes dates de la République, écrivait: « Les souvenirs sont nos forces…on dissipe les ténèbres. Ne laissons jamais s’effacer les anniversaires mémorables. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume les flambeaux ».
Il nous appartient aujourd’hui d ‘allumer les flambeaux et de faire que leur lumière jamais ne s’éteine.